Greenpeace dénonce l’abus de viande dans les cantines scolaires

Si les tendances végétarienne et végétalienne ont le vent en poupe, force est de constater que notre consommation de viande reste encore très élevée. Les collectivités locales ne sont pas épargnées par cette surconsommation puisque selon une enquête menée auprès de plusieurs établissements scolaires, 70% des repas proposés aux élèves contiennent des protéines animales.
Un constat nutritionnel alarmant que dénonce l’organisation non gouvernementale Greenpeace. Cette dernière rappelle en effet que sont servies chaque année plus de 80 000 tonnes de produits carnés auprès de 7 millions d’élèves à travers près d’un milliard de repas servis annuellement.

De plus, une surconsommation de produits carnés et donc trop riches en protéines animales peut être source d’obésité, de diabète voire même de cancers ou maladies cardio-vasculaires, rappelle l’ONG sur son site, d’après un rapport publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Ainsi, les enfants, collégiens et lycéens consommeraient deux fois trop de viande dans les cantines par rapport à leurs apports nutritionnels recommandés.

Un manque de variété alimentaire dans les écoles : les élèves s’expriment

La plupart des élèves ne peuvent pas être végétariens ou végétaliens car on leur propose dans la plupart des cas des menus contenant des protéines animales, principalement à travers la viande. Une collégienne parisienne témoigne ainsi que chaque repas contient de la viande et quasiment toujours la même : porc, poulet et bœuf. Elle dénonce également l’aspect et la qualité de la viande servie.
Un lycéen propose des menus végétariens comme par exemple des menus à base de soja, au lieu de yaourts traditionnels par exemple, et sans viande.

Le lobby de la viande

Cependant, cette « véganisation » des repas servis dans les établissements scolaires semble ne pas convenir à tous. En effet, certains parents estiment que la viande est indispensable à la bonne croissance de leur enfant, notamment pour le cerveau. D’autres sont contre pour des raisons de goût ou de coût.
Et, sans surprise, les artisans bouchers et charcutiers dénoncent un véritable lobby de « peur face à la viande ». Le président de la confédération française de la boucherie, Jean-François Guihard dénonce ainsi un complot végétarien et végétalien envers les éleveurs. Prônant la diversité des produits, il réfute l’idée d’une alimentation purement végétale qu’il estime trop pauvre en nutriments et qu’il qualifie de « lobby du végétal ».

Un véritable débat

On assiste donc à un véritable débat entre les défenseurs de la cause animale ou ceux qui n’aiment pas les produits animaliers face à ceux estimant qu’ils sont indispensables à la santé (croissance des jeunes) ou qui, pour des raisons économiques, dénoncent le « lobby végétalien ». Un grand nutritionniste français, Jean-Michel Cohen a quant à lui ajouté que la viande pouvait très bien être remplacée par d’autres produits d’un point de vue nutritionnel, comme le poisson ou les produits laitiers. Mais l’on parle alors d’un régime végétarien et non végétalien. Toutefois, il a également ajouté que les légumineuses (comme les lentilles par exemple) peuvent venir compenser la non-consommation de viande et les éventuelles carences en fer.

Un impact environnemental non négligeable

L’ONG Greenpeace ajoute sur son site que la surconsommation de viande exerce également des effets néfastes sur l’environnement. En effet, 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont produits par les élevages (pour la viande et produits laitiers) notamment à cause du méthane relâché par les vaches. L’entretien des terres pour nourrir les animaux d’élevage émet également du CO2 et du protoxyde d’azote. Par ailleurs, fait étonnant, trop (faire) consommer de viande influe directement sur la déforestation car les terres boisées sont rasées pour devenir des pâturages pour les animaux d’élevage.
Pour toutes ces raisons, les menus des cantines scolaires doivent être adaptés et davantage orientés légumineuses, à la fois pour des raisons sanitaires

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